Maladie de Graves : symptômes, tests et traitements
Qu’est-ce que la maladie de Graves et l’hyperthyroïdie?
Comprenez la maladie de Graves, l’hyperthyroïdie, les symptômes, les tests, les traitements, l’atteinte oculaire et le lien prudent avec le CIPH.
Quand consulter rapidement : l’hyperthyroïdie mérite une évaluation médicale. Demandez de l’aide sans tarder si vous avez une douleur à la poitrine, de la difficulté à respirer, de la confusion, une forte fièvre ou un cœur très rapide. Une douleur oculaire importante, une baisse soudaine de la vision ou une vision double nouvelle doit aussi être évaluée rapidement.
Qu’est-ce que la maladie de Graves et l’hyperthyroïdie?

La maladie de Graves est une maladie auto-immune qui stimule la glande thyroïde. Elle entraîne souvent une hyperthyroïdie, c’est-à-dire une production excessive d’hormones thyroïdiennes. Le métabolisme s’accélère et le cœur, les muscles, l’humeur, le sommeil, la digestion et les yeux peuvent être touchés. Le diagnostic ne se fait pas à partir des symptômes seuls.
La thyroïde est une petite glande située à l’avant du cou. Ses hormones influencent la façon dont l’organisme utilise l’énergie. Dans la maladie de Graves, le système immunitaire produit des anticorps qui stimulent le récepteur de la thyréostimuline, ou TSH. La thyroïde reçoit alors un signal de production qui ne correspond pas aux besoins réels du corps.
Le mot « hyperthyroïdie » décrit un fonctionnement hormonal, pas une cause unique. La maladie de Graves en est une cause fréquente, mais des nodules thyroïdiens actifs, une thyroïdite ou certains médicaments peuvent aussi faire monter les hormones. C’est pourquoi les analyses et, dans certaines situations, l’imagerie sont nécessaires pour comprendre ce qui se passe.
| Terme | Ce qu’il décrit | Ce qu’il ne permet pas de conclure |
|---|---|---|
| Maladie de Graves | Une réaction auto-immune qui stimule la thyroïde. | La gravité des symptômes, l’évolution ou les effets sur les activités. |
| Hyperthyroïdie | Un excès d’hormones thyroïdiennes en circulation ou une thyroïde trop active. | La cause exacte sans examen médical. |
| Goitre | Une thyroïde augmentée de volume. | La preuve que la maladie de Graves est présente. |
| Maladie thyroïdienne de l’œil | Une atteinte inflammatoire des tissus autour des yeux liée à l’auto-immunité. | La mesure de la gravité de l’hyperthyroïdie. |
Maladie de Graves, maladie de Basedow et thyroïde trop active
Les noms maladie de Graves et maladie de Basedow désignent la même affection. Au Canada, on parle aussi d’hyperthyroïdie pour décrire l’état provoqué par un excès d’hormones. Une personne peut avoir des symptômes très visibles, des signes discrets ou aucun symptôme évident. L’âge, la durée du problème et la quantité d’hormones influencent la présentation.
Une thyroïde trop active n’est pas simplement une personne « énergique ». L’excès hormonal peut donner une agitation pénible, un sommeil fragmenté, une faiblesse musculaire ou une fatigue qui limite les tâches ordinaires. Chez certaines personnes, surtout plus âgées, les signes sont moins typiques. Une perte de poids, une faiblesse ou un changement d’humeur sans explication mérite une consultation.
Quels sont les symptômes de la maladie de Graves?

Les symptômes viennent surtout de l’excès d’hormones thyroïdiennes et varient d’une personne à l’autre. Ils peuvent inclure des palpitations, des tremblements, une intolérance à la chaleur, de la transpiration, une perte de poids, des selles plus fréquentes, de l’irritabilité, de la fatigue, une faiblesse musculaire et des difficultés de sommeil. Certaines personnes ont peu de signes.
Le cœur peut battre vite ou de façon irrégulière. Les muscles peuvent fatiguer plus rapidement, particulièrement dans les bras et les cuisses. Une personne peut perdre du poids malgré un appétit normal ou accru. Elle peut aussi avoir une thyroïde visible ou palpable au cou. Ces signes sont compatibles avec l’hyperthyroïdie, mais ils ne confirment pas la maladie de Graves.
Les changements hormonaux peuvent toucher les règles, la fertilité, l’humeur et la concentration. Ils peuvent compliquer le travail, les études, les soins personnels ou les tâches domestiques. Il faut décrire ce qui se passe concrètement : marcher jusqu’à l’autobus, monter un escalier, porter des sacs, rester concentré ou dormir suffisamment. Cette description aide le professionnel à choisir les examens pertinents.
| Zone touchée | Manifestations possibles | Exemples d’effets à observer |
|---|---|---|
| Cœur et circulation | Palpitations, accélération ou irrégularité du rythme. | Effort moins toléré, pauses fréquentes, malaise pendant une activité. |
| Système nerveux et sommeil | Nervosité, irritabilité, agitation, difficulté à dormir. | Concentration réduite, fatigue au réveil, tâches plus longues à terminer. |
| Muscles et énergie | Faiblesse, fatigue, tremblements, perte de poids. | Difficulté à monter des marches, se relever, porter ou rester debout. |
| Thermorégulation et peau | Chaleur mal tolérée, transpiration, peau chaude ou rouge. | Activités interrompues, inconfort à l’extérieur ou au travail. |
| Digestion et règles | Selles plus fréquentes, diarrhée ou cycles irréguliers. | Urgence de trouver une toilette, routine perturbée, fatigue supplémentaire. |
Les symptômes ne sont pas une mesure fiable de la gravité
Une personne peut avoir une hyperthyroïdie confirmée avec des symptômes modérés. Une autre peut être très limitée par ses palpitations, sa faiblesse ou son insomnie sans présenter un signe extérieur évident. Les symptômes peuvent aussi ressembler à ceux d’une anxiété, d’une anémie, d’un problème cardiaque, d’une infection ou d’une autre maladie. Évitez donc de vous autodiagnostiquer.
La maladie de Graves peut revenir après une période d’amélioration. Elle peut aussi évoluer différemment de l’atteinte oculaire. Le suivi sert à vérifier les hormones, les effets du traitement et les symptômes qui persistent. Une fatigue chronique n’est pas automatiquement causée par la thyroïde, même si elle peut accompagner une maladie thyroïdienne mal contrôlée.
Quels tests servent à diagnostiquer la maladie de Graves?

Le bilan commence par les symptômes, les médicaments, les antécédents, l’examen du cou et la mesure du pouls. Une prise de sang mesure habituellement la TSH, puis les hormones thyroïdiennes comme la T4 et parfois la T3. Une TSH basse avec des hormones élevées indique une hyperthyroïdie, mais d’autres examens peuvent être nécessaires pour en trouver la cause.
Le professionnel peut demander des anticorps dirigés contre le récepteur de la TSH, parfois appelés anticorps stimulants de la thyroïde. Leur présence appuie le diagnostic de Graves. Une scintigraphie ou une épreuve de captation de l’iode radioactif peut aussi montrer si toute la glande travaille de façon diffuse ou si l’activité vient plutôt d’un nodule. Ces examens ne conviennent pas à tout le monde.
L’échographie peut évaluer la taille de la glande et rechercher des nodules. Elle ne remplace pas les analyses de sang et ne répond pas toujours à la question de la cause. Une grossesse, l’allaitement, certains médicaments et des examens récents peuvent modifier le choix des tests. Informez l’équipe de soins de votre situation avant tout examen.
| Examen | Question principale | Limite à comprendre |
|---|---|---|
| TSH | Le signal de commande de la thyroïde est-il trop bas ou anormal? | Elle oriente le bilan, mais ne donne pas seule la cause. |
| T4 et T3 | Y a-t-il trop d’hormones thyroïdiennes en circulation? | Les résultats doivent être interprétés avec la TSH et le contexte. |
| Anticorps anti-récepteur de la TSH | Le profil immunitaire appuie-t-il une maladie de Graves? | Le test s’interprète avec l’examen et les autres résultats. |
| Scintigraphie ou captation de l’iode | La glande entière ou une zone précise produit-elle trop d’hormones? | Ce n’est pas l’examen approprié dans toutes les situations. |
| Échographie | La glande est-elle augmentée ou présente-t-elle des nodules? | Elle décrit la structure et ne mesure pas directement les hormones. |
Comment se préparer à la consultation
Notez la date de début des symptômes, les changements de poids, les palpitations, la qualité du sommeil, les épisodes de faiblesse et les changements aux yeux. Apportez la liste des médicaments, des suppléments et des produits contenant de l’iode. Si vous avez des résultats antérieurs, apportez-les. Ce dossier permet de comparer l’évolution plutôt que de se fier à une seule journée.
Un résultat anormal ne dicte pas automatiquement un traitement. Le professionnel tient compte de la cause, de l’intensité, de l’âge, de la grossesse ou d’un projet de grossesse, des problèmes cardiaques, des yeux et des préférences de la personne. Le suivi permet ensuite d’ajuster la prise en charge.
Quels traitements sont utilisés et comment les yeux sont-ils pris en charge?

Le traitement vise à réduire l’excès d’hormones et à limiter ses effets. Les options comprennent les médicaments antithyroïdiens, l’iode radioactif et la chirurgie. Un bêta-bloquant peut soulager rapidement certaines palpitations ou certains tremblements, sans corriger la cause hormonale. Le choix dépend de la situation médicale et doit être réévalué avec le professionnel qui assure le suivi.
Les médicaments antithyroïdiens diminuent la production d’hormones. Ils peuvent être utilisés seuls, avant un autre traitement ou pendant une période de suivi. Une éruption, un mal de gorge ou de la fièvre pendant le traitement doivent être signalés rapidement, car des effets indésirables rares mais sérieux sont possibles. Ne modifiez pas la dose et ne l’arrêtez pas sans avis médical.
L’iode radioactif est absorbé par la thyroïde et réduit son activité. Il peut entraîner une hypothyroïdie, qui se traite alors par un remplacement hormonal. Il n’est pas utilisé dans certaines situations, notamment pendant la grossesse ou l’allaitement. Il peut aussi aggraver une maladie thyroïdienne de l’œil. La présence de symptômes oculaires doit donc entrer dans la discussion avant ce choix.
La thyroïdectomie retire une partie ou la totalité de la glande. Elle peut être envisagée si le goitre gêne la respiration ou la déglutition, si un nodule soulève des inquiétudes, si les médicaments causent des effets indésirables ou si l’iode radioactif ne convient pas. Après une chirurgie ou un traitement à l’iode, un suivi hormonal demeure nécessaire.
| Approche | Rôle | Points à discuter |
|---|---|---|
| Médicament antithyroïdien | Réduit la fabrication des hormones. | Prise régulière, analyses de suivi, effets indésirables et possibilité de récidive. |
| Bêta-bloquant | Atténue certains symptômes comme le cœur rapide ou les tremblements. | Ne traite pas la cause et ne convient pas à toutes les personnes. |
| Iode radioactif | Réduit durablement le tissu thyroïdien actif. | Grossesse, allaitement, projet de grossesse et maladie de l’œil. |
| Chirurgie | Retire une partie ou toute la thyroïde. | Taille du goitre, nodules, risques opératoires et remplacement hormonal. |
La maladie thyroïdienne de l’œil
L’atteinte oculaire peut apparaître avant, en même temps qu’après les symptômes thyroïdiens. Elle peut causer des yeux secs, rouges ou larmoyants, une sensation de sable, des paupières gonflées, une sensibilité à la lumière, une pression ou une douleur, des yeux plus saillants, une vision floue ou une vision double. Le degré de saillie des yeux ne mesure pas à lui seul l’hyperthyroïdie.
Une atteinte légère peut être soulagée par des larmes artificielles, une protection contre le vent et la lumière, et des mesures recommandées par l’équipe de soins. Dormir avec la tête un peu surélevée peut aider si les paupières sont gonflées. Le tabagisme augmente le risque de maladie oculaire et d’aggravation. Parlez d’un suivi en ophtalmologie si les symptômes persistent ou progressent.
| Manifestation oculaire | Ce que la personne peut remarquer | Réaction prudente |
|---|---|---|
| Sécheresse ou sensation de sable | Brûlure, irritation, larmoiement réflexe. | Demander conseil pour la lubrification et protéger les yeux du vent. |
| Paupières gonflées ou qui ferment mal | Inconfort au réveil, sécheresse, sensibilité à la lumière. | Consulter pour protéger la surface de l’œil. |
| Yeux saillants, rouges ou douloureux | Pression, changement d’apparence, douleur aux mouvements. | Faire évaluer l’activité et la gravité de l’atteinte oculaire. |
| Vision floue ou double | Lecture, conduite, escaliers ou travail visuel plus difficiles. | Communiquer rapidement avec un professionnel, surtout si le changement est soudain. |
La maladie de Graves peut aussi laisser une hypothyroïdie après le traitement ou pendant son évolution. Une hypothyroïdie n’est pas la même chose qu’une hyperthyroïdie : les hormones et les traitements diffèrent. Une variation de résultat doit être interprétée avec le suivi médical, pas corrigée avec un supplément acheté sans conseil.
Le diagnostic de maladie de Graves suffit-il pour le CIPH?

Non. Le diagnostic de maladie de Graves ne donne pas automatiquement droit au CIPH. L’Agence du revenu du Canada examine les effets d’une déficience grave et prolongée sur les fonctions visées, avec une attestation d’un professionnel de la santé autorisé. L’analyse porte donc sur les limitations concrètes et persistantes, pas seulement sur le nom de la maladie.
Une hyperthyroïdie bien contrôlée, une période de symptômes transitoires ou une crise isolée ne permet pas de présumer une admissibilité. La question est plutôt de savoir si les effets persistent malgré les soins et limitent de façon importante des activités comme marcher, voir, s’habiller, s’alimenter, parler, entendre ou exercer certaines fonctions mentales. Chaque dossier est évalué selon sa situation propre.
Dans la maladie de Graves, les éléments à décrire peuvent comprendre une faiblesse durable qui limite les transferts ou les escaliers, une fatigue qui empêche les activités courantes, des palpitations qui interrompent les efforts, des troubles de concentration documentés ou une maladie oculaire qui gêne la lecture, les déplacements ou la vision. Ces exemples ne remplacent pas les critères de l’ARC et ne prédisent pas une décision.
| À documenter | Exemple de description utile | Ce qu’il faut éviter |
|---|---|---|
| Durée et évolution | Depuis quand les effets sont présents, s’ils s’améliorent, reviennent ou restent stables. | Présenter une journée exceptionnelle comme le portrait habituel. |
| Activité touchée | Ce qui devient impossible, beaucoup plus lent ou difficile dans la routine. | Inscrire seulement « maladie de Graves » sans effet fonctionnel. |
| Effet malgré les soins | Limitations qui persistent malgré les médicaments, appareils ou autres mesures. | Conclure qu’un traitement efficace élimine nécessairement toute limitation. |
| Observations cliniques | Résultats, suivi et opinion du professionnel qui connaît l’évolution. | Remplacer l’attestation médicale par un autodiagnostic ou un témoignage isolé. |
Le formulaire T2201 de l’ARC sert à documenter la demande. Lisez les instructions actuelles et demandez au professionnel qui connaît vos limitations s’il peut décrire leur fréquence, leur durée, leur intensité et leurs effets sur les activités concernées. L’ARC demeure l’autorité qui rend la décision.
Pour comprendre la démarche générale, consultez notre page sur le crédit d’impôt pour personnes handicapées. Elle ne remplace pas l’analyse de l’ARC ni l’avis du professionnel. Une arythmie cardiaque ou une fragilité osseuse peuvent faire partie du dossier médical, mais leur présence ne prouve pas davantage l’admissibilité. Ce sont leurs effets documentés sur les fonctions qui comptent.
Un dossier fonctionnel, pas une liste de diagnostics
Avant un rendez-vous, notez des situations observables : combien de temps vous pouvez marcher, ce qui arrive dans un escalier, la durée de lecture possible, la fréquence des pauses, les réveils nocturnes et les tâches abandonnées. Indiquez aussi les périodes d’amélioration et les rechutes. Une page sur l’ostéoporose peut expliquer un problème osseux associé, mais elle ne remplace pas la description de vos propres limitations.
Cette approche évite deux erreurs. Elle ne transforme pas un diagnostic en promesse fiscale, et elle ne minimise pas une limitation simplement parce que les analyses sont meilleures un jour donné. Le dossier doit refléter la situation réelle sur la durée, les soins reçus et les activités qui restent difficiles. Seul le processus officiel peut déterminer si les exigences du CIPH sont remplies.
Sources médicales et fiscales
Les informations médicales ci-dessus s’appuient sur des ressources de santé canadiennes. Les renseignements sur le CIPH viennent de l’Agence du revenu du Canada. Les pages ont été consultées le 28 août 2026. Elles ne remplacent pas un diagnostic ni un plan de traitement personnalisé.
- Glande thyroïde trop active, 811 Nouvelle-Écosse
- Hyperthyroidism, HealthLink BC
- Graves’ ophthalmopathy, HealthLink BC
- L’hyperthyroïdie, Fondation canadienne de la thyroïde
- Qui est admissible au CIPH, ARC
- Formulaire T2201, ARC

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